mardi 28 mai 2013

Le château dangereux - Walter Scott


Le château dangereux - Walter Scott

Walter Scott est un écrivain écossait, et Le château dangereux a été publié en 1831, soit peu avant sa mort en 1832. L'histoire se déroule pendant la première guerre d'indépendance d’Écosse, soit dans les années 1300.

Le château en question, une position stratégique, est actuellement occupé par les anglais mais sous la permanente menace d'offensives des écossais à qui il appartient de droit. Dans ce contexte, un ménestrel arrive en compagnie d'une mystérieuse dame déguisée en homme. Si dans l'ensemble le roman me semble assez fidèle à la réalité historique, quelques touches fantastiques sont cependant présentes, on croise parfois des fantômes. Et dans l'ensemble c'est vraiment pas passionnant, voir tout simplement mauvais. L'écriture est lourde et datée, mais surtout, la trame est plus que convenue. Querelles de chevalier, belle dame en détresse, évasion d'un couvent, vieux grimoire, duels ... c'est le plus souvent parfaitement ennuyeux. Vraiment, ces histoires de chevaliers défendant leur honneur et combattant à mort pour des raisons plus qu'absurdes, le tout avec une princesse qui ne sert à rien d'autre qu'à créer des problèmes, ben je trouve ça très chiant. J'ai du me forcer pour dépasser la moitié du livre, et j'ai abandonné juste avant d'avoir à subir le dénouement final. Bref, à moins d'avoir un gout particulier le genre chevaleresque, il n'y a pas grand chose d’intéressant dans Le château dangereux.

219 pages, 1831, éditions des autres

dimanche 26 mai 2013

Épouvante et surnaturel en littérature - Lovecraft


Épouvante et surnaturel en littérature - Lovecraft

Voilà un bouquin que je connaissais depuis un certain temps mais qui n'avait jamais jusqu'à présent croisé ma route. Alors dès que que je l'ai vu dans les rayons d'une bouquinerie, bien évidemment, j'ai sauté dessus. Parce qu'un petit panorama de la littérature fantastique par Lovecraft himself, ça ne se refuse pas.

Lovecraft commence comme il se doit par une introduction définissant ce qu'il entend par épouvante et surnaturel en littérature. Il défend bien sur ardemment le genre, tout en convenant qu'il ne passionnera jamais vraiment qu'une petite partie de la population. Il évoque également une notion qui reviendra tout au long de l'ouvrage, l'horreur cosmique, qui constitue pour lui le summum de tout récit surnaturel. Par la suite, on rentre dans le vif du sujet, découpé en plusieurs chapitres. On commence par la "naissance du conte fantastique" et on termine par les "maitres modernes", en passant entre autres par "l'apogée du roman gothique" ou encore "la tradition du roman fantastique en Amérique". Ce tour d'horizon est donc organisée de façon chronologique et géographique. Et finalement, on se retrouve face à une considérable liste d'ouvrages élaborée par un passionné.

Lovecraft évoque nombre d'auteurs : Poe, Lord Dunsany, Arthur Machen, Maupassant, Ambrose Bierce, Maturin, Hawthorne, Oscar Wilde, et des dizaines et des dizaines d'autres ... Sur chacun il nous livre ses impression personnelles, quelles sont selon lui leurs meilleurs œuvres et quelles sont leurs qualités et défauts, il résume un grand nombre de nouvelles et de romans. C'est donc l'occasion de mieux connaitre ses gouts et de savoir quelles œuvres l'ont influencé. Et le plus important, c'est qu'à travers son ton très subjectif, il parvient facilement à transmettre sa passion au lecteur. Toutes les dix pages, je me disais "ouais, ça a l'air génial ça" ou encore "ce bouquin là il faut que je le lise". Cette édition a également la bonne idée de proposer un index des auteurs évoqués par Lovecraft. Il fait 14 pages, et ne sera pas de trop pour s'y retrouver dans ce foisonnement de talents. Par contre, la traduction (ou l'écriture de Lovecraft) est parfois un peu bizarre, notamment au niveau la ponctuation, mais rien qui gâche vraiment le plaisir de lecture.

Épouvante et surnaturel en littérature n'est pas un essai riche et profond sur la littérature fantastique. C'est plutôt un inventaire subjectif fait par un passionné sur l'histoire et les œuvres les plus marquantes de cette littérature. Je ne sais pas quand exactement a été écrit ce bouquin, mais Lovecraft, grand modeste, ne se mentionne pas une seule fois lui même (je me demande ce qu'il aurait pensé de la place qu'il occupe aujourd'hui dans la littérature fantastique). Bref, si vous cherchez à faire des découvertes ou si vous êtes juste vivement intéressé par "l'épouvante et le surnaturel en littérature", nul doute que Lovecraft saura vous enthousiasmer.

166 pages sans compter l'index, 10/18

Lire les avis de Cachou, Camille, Spooky, Woland

samedi 25 mai 2013

La guerre des salamandes - Karel Čapek


Karel Čapek


La guerre des salamandres de Karel Čapek, écrivain Tchèque, m'a tout de suite fait penser à La guerre des mouches de Jacques Spitz. Non seulement les deux romans ont des titres très semblables, mais ils ont été écris à deux ans d’intervalle : 1936 pour le premier et 1938 pour le second. Et ils partagent cette même vision d'une humanité en guerre contre des animaux à l'intelligence anormalement élevée, le tout dans un humour noir absolement délicieux.

Le roman de Karel Čapek n'a pas de héros à proprement parler, il se contente plutôt de raconter tous les événements de la cohabitation entre les humains et les salamandres, en faisant parfois appel à des textes scientifiques ou des articles de journaux. Tout commence lorsqu'un capitaine chargé de récolter des perles tombe par hasard sur une colonie de salamandres anormalement intelligentes. Il va se servir d'elles pour récolter ses perles, et plus tard, avec l'aide d'un puissant investisseur, l'utilisation des salamandres va trouver de nouveaux débouchés. En effet, elles sont parfaites pour effectuer toutes sortes de travaux sous-marins et ne semblent demander en échange rien d'autre que de la nourriture et des matières premières. Et voilà que des millions puis des milliards de salamandres occupent les cotes de tous les pays du monde ... Et quand je dis qu'elles sont intelligentes, c'est vraiment le cas : elles apprennent facilement les langues humaines ou encore décrochent des doctorats. 

L'écriture de Karel Čapek est un régal de fausse innocence. Avec l'air de quelqu'un qui raconte des faits pas très originaux, il se moque de la bêtise ambiante et des réactions absurdes des humains face au problèmes des salamandres. L'humour noir est parfaitement maitrisé, mais au fur et à mesure que l'on progresse dans le récit, le ton change et devient vers la fin franchement dramatique et terriblement pessimiste (ou plutôt lucide). Sous prétexte que c'est bon pour l'économie, l'humanité s'obstine dans un comportement illogique et autodestructeur ... Au fond, ce ne sont pas les salamandres contre les hommes, ce sont les hommes contre les hommes, et en cela le roman n'a pas pris une ride. 

Un ton général légèrement absurde qui fait la part belle à un humour satirique fin et pertinent, une utopie du progrès qui tourne (très) mal à cause de l'aveuglement humain ... La guerre des salamandres, c'est vraiment excellent, mangez-en sans modération (le roman, pas les salamandres).

1936, 301 pages, Bibliothèque marabout

Lire l'avis de Cachou.

mercredi 22 mai 2013

Poseidonis - Clark Ashton Smith


Poseidonis - Clark Ashton Smith

Tout comme Lovecraft, Clark Ashton Smith a principalement publié ses textes dans Weird Tales. Le recueil ici présent tire son titre de l'ile Poseidonis, seule parcelle de terre rescapée de l'Atlantide, et qui subira à long terme le même destin : s'enfoncer sous les flots. Poseidonis ne sert de base qu'à une partie seulement des textes, les autres s'intéressent à la Lémurie où à d'autres royaumes antiques. Globalement, toutes les nouvelles partagent cette thématique de la civilisation antique et oubliée. Tout cela est expliqué dans une intéressante introduction. Sur les 15 textes présents, quelques-uns ne font pas plus de deux ou trois pages, je ne m'intéresserai donc qu'à ceux qui sont un peu plus longs.
  • La dernière incarnation se déroule sur Poseidonis et met en scène un magicien surpuissant et tyrannique nommé Malygris. Mais il y a des choses que le pouvoir et la richesse ne peuvent pas apporter. Un excellent texte, à la thématique certes classique mais parfaitement mise en scène.
  • On retrouve ce même magicien dans La mort de Malygris. Le titre de la nouvelle est assez évocateur ... mais un être aussi puissant peut-il vraiment mourir ? C'est ce que vont tenter de découvrir ses craintifs ennemis. Dans la même veine que le texte précédent, ça me plait.
  • L'ombre double pose une ambiance un peu plus horrifique. Deux sorciers étudiant dans un coin isolé trouvent une étrange tablette qui semble être la clé d'une antique invocation. Invoquer une créature dont on ignore tout, on se doute que cela risque de mal tourner. Encore une fois, Clark Ashton Smith maitrise son sujet, cela fonctionne à merveille. 
  • Dans Cap sur Sfanomoë, alors que l'engloutissement de Poseidonis par les flots est imminent, deux savant locaux choisissent de fuir dans les étoiles. Un bon texte au ton plutôt mélancolique.
  • Dans Un grand cru d'Atlantide et dans tous les textes suivants, on se retrouve dans une époque plus contemporaine. Mais bien sur, les personnages auront tout de même affaire aux fantômes du passé. Ici, ces fantômes se manifestent par l’intermédiaire d'une antique amphore de vin trouvée par des pirates. Pas spécialement passionnant, mais efficace.
  • Offrande à la Lune se passe cette fois en Afrique, et deux explorateurs vont eux aussi être confrontés aux échos d'un passé lointain et barbare. Pas mal, sans plus.
  • J'avais déjà lu L'ile inconnue dans Les meilleurs récits de Weird Tales - Tome 1.
  • L'épiphanie de la mort  est l'un des textes les plus faibles. Cette histoire d'un homme à l'air antique est franchement prévisible.
  • Le festin de la Gorgone relève le niveau. Grâce aux vapeurs de l'alcool, un homme se retrouve dans une fête mythologique aux cotés de Gorgone puis sur une ile perdue. Le ton légèrement ironique change agréablement de ce qui précède. 
  • La Vénus d'Azombéii nous replonge en Afrique dans une peuplade mystérieuse, mais se révèle finalement une histoire d'amour et de jalousie pas franchement intéressante, dommage.
  • Bilan tout aussi décevant pour La racine d'Ampoï, qui place un hardi aventurier au sein d'une petite civilisation dans laquelle les femmes font deux mètres cinquante et dominent les hommes.
  • On termine avec Le paysage aux saules, un petit texte sympathique mais prévisible. Anecdotique.
Bilan en demi-teinte pour Poseidonis. J'ai ressenti une nette baisse de niveau au fur et à mesure de ma progression dans le recueil. C'est dommage, car les meilleurs textes ont vraiment de la personnalité, l'écriture de Clark Ashton Smith a un petit truc riche en couleurs qui fait plaisir et ses mondes antiques ont du charme.

243 pages, 1929-1935, Librairie des Champs-Elysées

lundi 20 mai 2013

L'idiot - Dostoïevski


Dostoïevski

L'idiot qui donne son titre à ce long roman de Dostoïevski est en fait loin d'en être un. Dans sa jeunesse, il était certes totalement inapte à vivre en société, mais quand commence le roman, il rentre de cinq années de cures en Suisse et se porte plutôt bien. A vrai dire, il est même intelligent, et sait parfois comprendre ses interlocuteurs mieux que personne. Pourtant, la réputation d'idiot lui colle à la peau, et même ceux qui le connaissent bien et l'estiment ne peuvent parfois s’empêcher de le désigner ainsi. En effet, le prince Mychkine est quelqu'un de particulièrement bon. Il est naïf, gentil, se laisse emporter par ses idées, ne sait pas prendre de recul par rapport aux événements et à lui même. Malgré son intelligence, il est incapable d'envisager et de comprendre le mal. Bien évidement, une telle figure christique ne peut pas être à sa place dans le monde réel.

Le prince Mychkine, dès son retour en Russie, va être catapulté dans la vie mondaine et entouré d'un très grand nombre de personnages (une quarantaine selon Wikipédia, mais Dostoïevski sait manier sa plume, et un inventaire des personnages est disponible en début de roman). Parmi toutes ces personnalités secondaires, quelques-unes vont occuper le devant de la scène avec le prince, jusqu'à former une sorte de carré amoureux. On s'en doute, les choses ne risquent pas de se passer facilement. Chacun aime autant qu'il hait, sauf le prince, qui quand à lui est totalement inconscient des usages qui entourent l'amour dans cette Russie du XIXème siècle. De plus, les désirs négatifs sont légions, la voie la plus simple et la plus logique n'est jamais celle qu'empruntent les personnages. Si le roman, assez hétérogène, passe de ton en ton, il y a peu d’espoirs pour que la conclusion ne soit pas tragique. La construction du récit est également un peu différente de ce à quoi m'avait habitué Dostoïevski. Ici, on a presque pas de vision subjective des héros, pas de longs monologues intérieurs qui par exemple rendaient le Raskolnikov de Crime et Châtiment et le narrateur du Sous-Sol si passionnants et fascinants. Cela m'a parfois un peu manqué. Certes, L'idiot est finalement un roman à héros multiples, mais de ce coté là, Les Démons me semble meilleur, car contrairement à L'idiot, je ne me souviens pas avoir eu à sa lecture le sentiment que certains passages étaient inférieurs à d'autres (mais ma mémoire peut me tromper, et peut-être suis-je devenu plus exigeant en apprenant à connaitre l’œuvre de Dostoïevski).

Malgré ces quelques réserves, L'idiot est sans conteste un très grand roman. Et si j'en sort peut-être un poil déçu, c'est tout à l'honneur de Dostoïevski : décevoir un lecteur avec un excellent roman, ce n'est pas donné à tout le monde.

900 pages, 1869, le livre de poche

dimanche 19 mai 2013

Petite sélection de rogue-likes

Si vous ne connaissez pas le terme, le rogue-like est un genre de jeux vidéos dont voici la définition selon Wikipédia : "le joueur y explore un ou plusieurs souterrains générés aléatoirement, dans un univers bi-dimensionnel décrit par des caractères ASCII." Pourtant, depuis quelques temps, le rogue-like a évolué. On peut donc élargir le genre à une nouvelle définition un peu plus permissive : rogue-like = tout jeu qui propose un univers généré aléatoirement et dans lequel la mort est définitive. Et avec cette formule toute simple, on peut faire des tas de choses aussi variées qu’intéressantes. Hop, voici une petite sélection personnelle.

Infra Arcana

Infra Arcana

Infra Arcana est un rogue-like à l'ancienne : graphismes simplistes, gameplay au tour par tour et exploration de souterrains remplis de créatures hostiles, le tout sans musique. Cependant, il a pour particularité de se baser sur l'univers de Lovecraft. On croise donc souvent des créatures tirées des nouvelles de l'auteur, et l'ambiance générale est très fidèle à son œuvre. Par exemple, il est possible de sombrer dans la folie et d'achever ainsi sa partie si l'on ne prend pas garde. Le gameplay est à la fois riche et accessible. Le joueur a la possibilité d'utiliser des armes de corps à corps ou des armes à feu, il peut aussi se servir d'explosifs pour ouvrir des passages bloqués ou de torches pour s'éclairer dans les endroits sombres. La difficulté est plutôt bien équilibrée. Bien sur, mieux vaut ne pas espérer voir la fin du jeu, mais chaque partie peut durer assez longtemps pour ne pas créer de frustration. Il y a souvent des surprises, comme des murs qui s’effondrent libérant ainsi de nombreux monstres ou un bruit mystérieux qui apeure notre personnage. 
Infra Arcana est à la fois riche et accessible et offre une très bonne ambiance, c'est un très bon choix pour qui, comme moi, n'est pas forcément amateur des rogue-likes à l'ancienne. Il est disponible gratuitement sur le site officiel et régulièrement mis à jour.

The Binding of Isaac

The Binding of Isaac

The Binding of Isaac est désormais un classique du genre. On y incarne un enfant fuyant sa mère fanatique voulant le sacrifier à Dieu. Ce jeu a tout pour lui : univers fort et glauque, style visuel très personnel, excellente musique, énorme contenu, très grande variété ... Ne vous fiez pas à son look cartoon : j'y ai passé des dizaines d'heures, je n'ai jamais été jusqu'à la vraie fin. Il est disponible sur Steam.

Faster Than Light

Faster Than Light

Faster Than Light est presque un jeu de gestion, ou plutôt de micro-gestion. Capitaine d'un vaisseau de guerre, il nous faut traverser la galaxie pour rejoindre nos alliés, tout en étant poursuivi par l'armada ennemie, il ne faut donc pas tarder. Le contenu est à la hauteur : de nombreux vaisseaux à débloquer, différentes races extraterrestres aux capacités différentes, de nombreuses armes et améliorations, plein d’événements aléatoires ... Le gameplay, extrêmement exigeant, est également très réussi. Prendre en charge son vaisseau requiers une attention de tous les instants, surtout en plein combat, heureusement il est toujours possible de figer l'action pour reprendre le contrôle des événements. Le jeu est disponible entre autres sur le site officiel et GOG.

Receiver

Receiver

Receiver prend la forme d'un FPS et nous propose de partir à la recherche de cassettes audios disséminées sur des toits. Il a pour principale particularité de proposer une gestion très poussée des quelques armes disponibles. Chaque action, comme les rechargements ou encore l'extraction des douilles nécessite de faire attention à ce que l'on fait. Les ennemis, des drones et des tourelles, sont extrêmement dangereux, un quart de seconde d’inattention peut causer la mort, d'autant plus que les munitions sont très rares. Le jeu offre une ambiance assez planante, renforcée par les monologues étranges qui se déclenchent quand on trouve une cassette. Dommage que l'ensemble manque un peu de contenu et de variété. Receiver est disponible sur le site officiel et sur Steam.

Paranautical Activity

Paranautical Activity

Paranautical Activity est également un FPS, qui reprend un concept plus classique puisqu'il s'agit de progresser d'étages en étages en traversant de nombreuses pièces à la configuration variée. Il ressemble beaucoup à The Binding of Isaac : chaque étage est séparé en salles, chacun contient un boss et un miniboss, il y a la possibilité d'acheter des items ... Le jeu est encore en développement, mais l’essentiel est déjà là : un gameplay accesible et efficace, un univers déjanté, de la bonne musique electro, des boss bien marrants ... Il ne reste plus qu'à ajouter du contenu et retravailler l'équilibrage, ce qui ne devrait pas manquer d'etre le cas, puisque les mises à jour sont fréquentes. Déjà plaisant à jouer et très prometteur. Paranautical Activity est disponible sur Desura ou le site officiel.

Risk of Rain

Risk of rain

Risk of Rain est également en cours de développement, mais une démo gratuite est disponible. Celle-ci m'a suffisement convaincu pour me faire participer à la campagne Kickstater, qui d'ailleurs a été un succès. Dans de superbes environnement 2D, on incarne un humain dont on choisit la classe. Dans la démo, seuls le soldat et l'ingénieur sont disponibles, si je me souvient bien, mais il devrait y en avoir plein d'autres. Le soldat combat à distance alors que l'ingénieur est plus orienté corps à corps. On se ballade dans de vastes environnements, pressé par un chrono qui fait augmenter la difficulté à mesure que le temps passe, et l'on doit trouver le téléporteur vers le niveau suivant en ramassant autant d'items que possible en route. Et bien sur, activer le téléporteur fait apparaitre un gros boss. La démo est déjà excellente, alors le jeu complet risque d’être une très bonne surprise.

lundi 13 mai 2013

Le livre des crânes - Robert Silverberg



Sous cette couverture ignoble se cache un roman de Robert Silverberg qui, surprise, n'est pas de la SF. Si par exemple l'Oreille Interne relevait clairement du fantastique, ici la limite est plus floue, on est presque face face à roman de littérature générale.

Le livre des crânes prend la forme d'un parcours initiatique pour quatre étudiants d'une vingtaine d'années. Ils ont tous une personnalité bien marquée : il y a Eli, l’intellectuel juif complexé, Ned, le littéraire bisexuel un peu tordu, Timothy, le beau gosse fils de riche, et Oliver, le campagnard orphelin arrivé à la fac à force de motivation et de travail. Et, chose intéressante, le récit se découpe en chapitres narrés alternativement par chacun de ces quatre personnages, on a donc une appréciable diversité de points de vue. Tout commence comme dans un road movie : cette joyeuse compagnie s’apprète à traverser les USA en voiture. Sauf que leur objectif, loin d’être commun, est ni plus ni moins que de partir en quête de l'immortalité. Eli, qui s'y connait en langues anciennes, a débusqué dans un recoin perdu de la bibliothèque de la fac un certain Livre des Crânes, et après l'avoir traduit, comprend qu'il évoque un monastère isolé dont les moines gardent le secret de l'immortalité. Cependant, ce serait trop facile s'il n'y avait pas un aspect critique : les candidats doivent être quatre, l'un devra quitter volontairement les autres (se suicider ?), et un second devra être tué de la main des deux qui auront accès à l'immortalité. Et, y croyant seulement à moitié, les quatre jeunes hommes partent en quête de la vie éternelle, en évitant de parler de ce qu'ils feront si jamais il s'avère que le Livre des Crânes dit vrai ...

Tout l’intérêt du récit vient des différentes personnalités des protagonistes et de leurs relations, que l'on comprend progressivement à l'aide de nombreux retours en arrière. Et c'est l'occasion de voir que comme souvent chez Silverberg, le sexualité tient une place capitale dans la vie des personnages. Ces derniers sont complexes et torturés, cachent de sombres secrets, et jusqu'au bout on se sait pas qui sont les forts et qui sont les faibles, qui trouvera la force de vivre et qui ne la trouvera pas. On est plongé dans leurs esprits détraqués, c'est un régal. 

Dans Le livre des crânes, Silverberg mène jusqu'au bout la quête initiatique de ses personnages et les force à se regarder en face, quitte à ce qu'ils ne puissent pas le supporter. C'est la confrontation de l'homme avec lui même, le combat pour l'acceptation de soi. Encore un chef-d’œuvre de Robert Silverberg, l'un de ses meilleurs à mon sens avec Les monades urbaines.

352 pages, 1972, le livre de poche

samedi 11 mai 2013

Au Bonheur des Dames - Zola


Au Bonheur des Dames - Zola

Au bonheur des dames, c'est ma première rencontre avec Zola. Un bouquin qui parle de magasins de vêtements et de folie du shopping, disons que mon instinct aurait plutôt tendance à m'en éloigner. Et bien j'aurai eu tort, parce que Au bonheur des dames, c'est vachement bien.

Le Bonheur des Dames, c'est un grand magasin, qui au fil du roman devient absolument gigantesque. On ne s'en éloigne jamais, puisque la quasi-intégralité du récit se déroule entre ses murs et dans les rues voisines. Même quand on est ailleurs, dans le salon d'une dame par exemple, c'est pour parler du Bonheur. Ce bazar colossal, c'est le symbole du monde moderne, de l’avènement de la consommation de masse. Il faut vendre, vendre à tous prix, créer des besoins inutiles, encourager la frénésie de l'achat, flatter les sens de la cliente. Octave Mouret, le patron des lieux, est dont un mangeur de femmes, il se les approprie à travers son magasin, les manipule avec un talent indéniable. Et les femmes, bien souvent, se laissent manipuler le sourire aux lèvres, tant leur fièvre consommatrice est proche d'une religion, unique façon de remplir une vie autrement plate et vide.

Octave Mouret offre donc le point de vue des hauteurs, alors que l'on découvre celui du bas à travers Denise. Jeune provinciale venue habiter chez son oncle avec ses deux frères à la mort de son père, elle va devoir travailler, comme des milliers d'autres, au Bonheur des Dames. Son oncle, avec sa femme et sa fille, tient un petit magasin, et comme l'ensemble de petit commerce, ils seront écrasés par les grands bazars. Quand à elle, Denise devra surmonter bien des difficultés pour finalement s'en sortir, ce sera l'occasion de comprendre le fonctionnement de ces temples de la consommation depuis l'intérieur. Les vendeurs touchent un pourcentage sur leurs ventes, c'est parfois même leur seul revenu, c'est ainsi qu'ils sont poussés au labeur. Certains, dont Denise, sont également logés sur place, et comme tous les repas se font à la cantine du Bonheur, c'est entre ses murs que toute leur vie de déroule, au milieu des intrigues et ragots. L'emploi est plus que précaire, puisque les renvois sont légions aux mortes saisons ou simplement pour des fautes minimes. Zola met donc en avant la cruauté de ce système, décrit comme une vaste machine avalant clientes et employés, mais parallèlement, on sent qu'il est du coté du progrès, de la grandeur, même s'il faut pour cela que les plus faibles (les petits magasins) périssent. C'est d'ailleurs l'opinion de Denise.

La description du train quotidien au Bonheur des Dames et son influence sur la vie de Paris est donc une réussite totale, c'est passionnant de bout en bout. Au milieu de tout cela vient se greffer une inévitable histoire d'amour, entre Octave et Denise. Un homme riche, célèbre, puissant, courant les dames, et son employée, une jeune femme simple et bonne dont la principale qualité semble être la chasteté. Mouais. Je craignais le pire, mais cette situation très clichée est très bien traitée, puisque cet amour est totalement intégré à la vie du Bonheur des Dames. Les employés ne parlent que de ça, Octave devient distrait, Denise subit des moqueries puis se voit offrir plein d'avantages en tant que favorite du patron. C'est aussi l'occasion de constater combien les femmes pouvaient rarement vivre de leur travail, et devaient souvent se trouver un amant capable de les soutenir financièrement.

Finalement, Au bonheur des dames est exactement ce que j'en attendais : un excellent témoignage du développement du commerce de masse agrémenté d'une histoire d'amour entre un patron et son employée. Cependant, ce dernier point m'a agréablement surpris, et l’ensemble a dépassé mes espérances. Au bonheur des dames, en plus d’offrir un grand plaisir de lecture, est une passionnante leçon d’histoire. Je me manquerai pas de fréquenter à nouveau Zola.

512 pages, 1883, Le livre de poche

mardi 7 mai 2013

Le sens du vent - Iain M. Banks


Le sens du vent - Iain M. Banks

Le sens du vent fait parti du cycle de la Culture. La Culture est une vaste société galactique extrêmement développée, libérée des contraintes matérielles, dirigée par des IA, hédoniste. La Culture tente de convertir les civilisations qu'elle rencontre à son point de vue, de façon pacifique si possible, en intervenant discrètement. Chaque tome est une histoire indépendante prenant place dans l'univers de la Culture.

Le sens du vent, contrairement à Inversions, prend place en plein cœur de la Culture, sur l’orbitale de Masaq' pour être précis, gigantesque anneau-monde hébergeant 50 milliards d'habitants. Comme souvent dans le cycle de la Culture, la guerre n'est pas loin. Mais cette fois, les différents conflits sont terminés depuis longtemps, ce qui ne les empêche pas d’être au cœur de l'intrigue, car ils ont laissé de profondes marques dans les personnages. Ces derniers, particulièrement fouillés, sont essentiellement des non-humains. Il y a Central, l'IA en charge de Masaq', Ziller, le compositeur de génie ayant fuit son monde par haine de son organisation sociale, Kabe le Homomdan, seul de sa race sur l’orbitale, Ternoso, drone représentant Contact. Mais finalement, celui qu se rapproche le plus d'un personnage principal, c'est Quilan, qui a perdu sa femme dans une guerre civile causée par la Culture, et qui a pour mission officielle de convaincre Ziller de rentrer chez les siens. Au fur et à mesure du récit, on apprendra via des flashbacks son passé et sa mission réelle.

Autant le dire tout de suite : Le sens du vent est une magistrale réussite. Le roman se dévoile doucement, presque lentement, et ne laisse pas beaucoup de place à l'action. Le fait d’être plongé dans la Culture est particulièrement réjouissant : cette civilisation est vraiment fascinante, et les discussions entre Central et les non-humains qui s'efforcent de la comprendre sont passionnantes. D'ailleurs, tous les dialogues sont savoureux. Banks écrit toujours aussi bien, manie l'humour à la perfection, et le second degré est fréquent. Pourtant, le tragique n'est jamais loin. Le souvenir de la guerre et la culpabilité rongent aussi bien Quilan que Central, voir même toute la Culture. Le ton est donc particulièrement triste.

Le sens du vent est peut-être le meilleur opus du cycle de la Culture parmi ceux que j'ai lus, devant Excession. C'est un tout, un mélange de tragique et d'humour, de questions de société et de terribles conséquences des guerres, servi par la très belle écriture de Banks qui parvient à maintenir un ton parfaitement juste du début à la fin. Tout simplement excellent.

504 pages, 2000, Le livre de poche

jeudi 2 mai 2013

Éclipse totale - John Brunner


Éclipse totale - John Brunner

Avec Éclipse totale, c'est la première fois que je découvre John Brunner en dehors de sa Tétralogie Noire constituée de Tous à Zanzibar, L'orbite déchiquetée, Le troupeau aveugle et Sur l'onde choc. Bref, on retourne à une SF plus classique.

Éclipse totale fait partie de ce qu'on pourrait presque identifier comme un sous genre de la science-fiction, à tendance ethnologique et archéologique, c'est à dire mettant en scène l'étude de civilisations extraterrestres disparues. Ici, on est directement dans le sujet, puisque le roman débute par l'arrivée d'un vaisseau de ravitaillement en matériel comme en hommes sur la petite colonie de Sigma Draconis. Une trentaine de scientifiques tentent sur cette planète de percer les secrets des Draconiens, sortes de crabes intelligents ayant disparus depuis 100000 ans. Disparus, mais pourquoi donc ? C'est d'autant plus étrange que cette race semble être passée de l'age de pierre à la conquête spatiale en seulement 3000 ans.

Le roman s'articule donc principalement sur l'étude de la civilisation draconienne et la compréhension de leur société, qui est bien sur accompagnée d'une révélation finale plutôt intéressante. C'est là la force de ce roman : on a beau être bien loin de la Terre, notre planète n'est jamais vraiment oubliée. Que ce soit par l'arrivée en même temps que l'équipe de relève d'un militaire paranoïaque, représentant de l'état politique de la Terre, la crainte que le vaisseau ne revienne jamais à cause de ce même état politique, l'organisation de la vie de la colonie ou même la découverte finale concernant les Draconiens, le roman a finalement une portée plus vaste que s'il se contentait d'évoquer les mystères d'une civilisation disparue. D'autant plus que le ton est très sombre, et la fin est même franchement déprimante : l'humanité et ses défauts sont peut-être finalement encore plus au cœur du roman que les Draconiens.

Éclipse totale est un bon petit roman qui se lit très vite, non pas parce qu'il est creux, mais parce qu'il est intéressant de bout en bout. John Brunner parvient à parler de l'humanité à travers l'étude des Draconiens, et pas de façon très optimiste. Un livre tout à fait recommandable, mais quitte à s'intéresser à John Brunner, mieux vaut lire en priorité Tous à Zanzibar, Le troupeau aveugle et Sur l'onde choc, qui sont tout de même bien plus marquants et profonds.

256 pages, 1974, le livre de poche

mercredi 1 mai 2013

Sur l'onde de choc - John Brunner


Sur l'onde de choc - John Brunner

Sur l'onde de choc est le quatrième volume de ce qu'on pourrait appeler la "fresque prospective" de John Brunner. Écrit en 1975, il fait suite à l’excellent Tous à Zanzibar (1968), au sympathique Orbite déchiquetée (1969) et au génial Troupeau aveugle (1972). Si je me souviens bien, ces trois roman traitent respectivement de la surpopulation, du racisme et de la pollution. Enfin, ce sont leurs thèmes généraux, parce que le moins qu'on puisse dire de ces romans d'anticipation, c'est qu'ils sont remarquablement denses et riches. Et donc, avec Sur l'onde de choc, John Brunner se penche cette fois plus particulièrement sur l'informatique et l'internet. Petit extrait de la quatrième de couv' : "Le monde en 2010. Tout est informatisé, automatique, électronique. Le Réseau est accessible à partir de n'importe quelle prise téléphonique". Il ne me semble pas que Brunner se soit trompé.

Contrairement par exemple au Troupeau AveugleSur l'onde de choc suit une trame linéaire, bien que l'on retrouve toujours cette technique qui consiste à introduire des bouts de texte d'origines diverses à intervalles régulier. Le personnage principal, c'est Nick. Il a beaucoup d'autres noms, mais appelons le comme ça. Jeune homme particulièrement doué une fois un clavier en main, son histoire commence en captivité, et le récit alterne entre dialogues avec son interrogateur et flashbacks sur son existence de traqué. On en apprend petit à petit plus sur l'univers et sur le pourquoi du comment, et Nick finira par s'évader, pour finalement se lancer dans un vaste projet d'amélioration de la société, avec l'aide d'un tas de gens très actifs. En effet, la société décrite par Brunner a bien besoin d’être améliorée. Le Réseau, bien loin d'accomplir une utopie de la communication, ne fait qu'accroitre la paranoïa et l'incertitude de la population et ne change rien aux inégalités. Bref, je ne vais pas essayer de décrire cette vision du futur (maintenant de notre présent), mais elle est fascinante et crédible. Les bonnes idées s’enchainent et l'auteur a une capacité incroyable à plonger le lecteur dans une société entière.

Sur l'onde de choc est un excellent roman d'anticipation. Un univers informatisé et connecté riche et fascinant qui préfigure le mouvement cyberpunk, des idées géniales, un trame solide, un aspect engagé et un auteur qui ne se contente pas de critiquer mais propose aussi des solutions. On pourra peut-être regretter une fin un peu trop optimiste qui contraste avec le ton très sombre du roman, mais un peu d'espoir ne peut pas faire de mal. John Brunner s'impose vraiment comme un visionnaire, et ce roman ainsi que Tous à zanzibar et Le troupeau aveugle sont vraiment des incontournables pour qui s'intéresse à cette science-fiction centrée sur des problématiques sociales.

347 pages, 1975, le livre de poche